Vibrer avant de vivre

Comment ne pas sans cesse viser plus, mieux, ailleurs ? Car l’heure est à valoriser ceux qui transforment leur monde par leur inébranlable détermination.

Mais le véritable courage est peut-être ailleurs : dans la capacité à romancer ce que l’on ne choisit pas toujours. Être spectateur de sa vie devient alors tout sauf passif. C’est choisir de vibrer avec son monde avant de vouloir le changer. C’est réinvestir ce que nous tenons pour acquis : comme l’on redécouvrait un proche, sans jamais prétendre le connaître vraiment.

Ma peinture naît de ce déplacement du regard. Elle rend visibles ces moments où la vie circule sans effort. Elle célèbre ces présences qui s’ajustent au monde sans chercher à le contraindre. La frontière entre paysage et scène de vie, entre regarder et agir, s’y confond volontairement : car le sujet et son monde s’y construisent toujours mutuellement.

Peindre devient alors une façon d’héroïser sa réalité pour mieux habiter sa vie.

“Peindre pour habiter sa vie”

Née à Rennes en 1999, Clerwie Frin développe une peinture de la présence, attentive aux vibrations du quotidien. Formée à l’EMLyon, elle évolue dans un environnement structuré par la performance et la projection de vie.

Ce rapport au monde, orienté vers ce qui reste à accomplir, nourrit chez elle une réflexion autour de l’acceptation et de la manière d’habiter pleinement une vie que l’on ne choisit pas toujours.

La couleur est au cœur de sa pratique : non pour transformer le réel, mais pour en révéler l’intensité. Appliquée en couches de matière brute, elle fait vibrer les silhouettes et célèbre leur présence. Clerwie cadre ses toiles à hauteur de spectateur pour lui montrer qu’il y a un rôle : celui de regarder ce monde d’un oeil plus tendre et attentif.

Ses influences de Gustave Caillebotte à Paul Signac en passant par Edward Hopper, convergent vers un regard sans hiérarchie : où figures et décors se répondent et se renforcent.

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